Et depuis le Panthéon, Simone veille

Merci d’avoir fait d’une femme une personne… Merci Simone!

Si l’on s’amuse à fusionner les différentes unes des quotidiens français du 1er juillet 2018, on obtient quelque chose comme: « Simone Veil », « une héroïne française » qui « nous honore toutes » et dont « le parcours a toujours été de rassembler ».

Aujourd’hui Simone Veil était intronisée au Panthéon, et avec elle son époux (et, pour une fois, pas l’inverse!). Celle qui avait déjà intégré l’Académie française en 2010 devient ainsi la cinquième femme à faire son entrée dans la dernière demeure des Grandes Femmes et des Grands Hommes de la France. Un bel hommage à la mémoire de celle qui a, justement, toujours lutté pour préserver la mémoire du passé tout en oeuvrant pour des politiques progressistes.

Femme, déportée, résistante, ministre de la Santé, présidente du Conseil Européen… Son courage humain comme politique en a inspiré plus d’un.e. Ses combats et ses victoires n’ont pas pris une ride mais au contraire ouvert la voie et la voix à de nombreuses évolutions pour l’égalité femmes-hommes.

Ses textes en eux mêmes sont d’une grande richesse historique, sociologique, politique, morale et humaine. Des écrits aussi libres et éclairés que leur auteure.

J’aime à penser que les deux statues sur l’image que j’ai choisie pour illustrer cet article (et pas seulement parce qu’elle était libre de droit!) sont celles de Simone, profitant d’un repos bien mérité, et de son époux Antoine plongé dans les mémoires de son épouse… Quand d’autres pourraient y voir une femme fatiguée et livrée à elle-même auprès d’un mari savant! Comme quoi, la signification d’une image tient bien à celle ou celui qui la lit.

Son autobiographie Une vie est d’abord le récit d’une survie: en tant que femme juive dans les camps de concentration d’Auschwitz, puis, dans les hautes sphères de la magistrature et de la politique, en tant que femme engagée pour ses droits et ceux de ses congénères. Une survivante, donc, qui comprenait – n’en déplaise à ses détracteur.se.s – la valeur du droit à la vie, et avait ainsi toute légitimité pour le comprendre comme un droit des femmes à disposer librement de leur corps.

Mais je vous propose de re-découvrir autrement l’histoire de cette grande femme et à travers elle celle, avec un grand H, de l’évolution des droits des femmes.

Car depuis le Panthéon, Simone l’Immortelle veille.

Un spectacle désopilant sur l’histoire des droits de la femme ? Si, c’est possible ! Enfin un spectacle qui raconte avec humour l’évolution de la condition féminine en France, des années 50 à nos jours, au travers de trois lignées de femmes sous le regard historico-comique de Simone qui veille.

Et Pendant Ce Temps Simone Veille.

Un spectacle qui rend accessible à toutes et à tous, par le biais de l’humour, les problématiques pour lesquelles cette Grande Dame (de fer ET de coeur) s’est battue. Rien de tel, d’ailleurs, qu’une oeuvre tout public pour honorer celle qui n’a eu de cesse de rassembler les individus, par delà les frontières de nationalité, de race, de religion et de sexe. Les paroles de Simone Veil et l’histoire dialoguent ainsi pendant 1h30 avec des scènes de la vie quotidienne de trois femmes sur quatre générations rythmées par de jubilatoires parodies de chansons.

Voici l’exemple d’un couplet qui célèbre la victoire obtenue en 1975 par Simone Veil alors qu’elle était ministre de la Santé dans le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing:

Pour la pilule moi je dis merci Simone. Tu m’as été bien plus utile que la Madone.
Merci pour l’IVG et la péridurale, c’est plus sympa de donner la vie sans avoir mal!
Merci d’avoir fait de la femme une personne. Merci Simone !

Et qui plus est sur l’air de « Belle », chantée par Garou dans la comédie musicale Notre-Dame de Paris. Une bien subtile façon de rappeler que Simone, non contente d’avoir ébranlé les parvis de l’Eglise avec sa loi sur l’IVG, et ainsi sonné les cloches du progrès, continue de veiller sur toutes les dames de France et d’ailleurs.

Où et quand voir la pièce? Du 3 au 26 juillet 2018 au Théâtre de la Contrescarpe (Paris 05).

A lire et à relire sans modération:

  • Simone Veil, Clément Launay et Michel Soulé, L’Adoption : données médicales, psychologiques et sociales, Paris, Éditions sociales françaises,
  • Simone Veil et Annick Cojean, Les Hommes aussi s’en souviennent : discours du , suivi d’Un entretien avec Annick Cojean, Paris, Stock,
  • Simone Veil, Une vie, Paris, Stock,
  • Simone Veil, Mes combats : Les discours d’une vie, Paris, Bayard éditions,
    Préface de Robert Badinter

2 réflexions sur “Et depuis le Panthéon, Simone veille

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