« Mon tout petit », poésie graphique du don de soi

Une fois n’est pas coutume, voici un tout petit article pour un tout petit livre sur un « tout petit » bout d’un amour infiniment grand.

Mon tout petit, cest un album à la couverture verte dont la mère de ma meilleure amie, qui est comme une deuxième maman pour moi, m’a un jour offert un exemplaire.

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Albertine & Germano Zullo, Mon tout petit, éditions La joie de lire, 2015.

 

L’amour d’une mère pour son fils et d’un fils pour sa mère vu par Albertine et Germano.

Une mère tourne doucement sur elle-même avec son bébé dans les bras, son enfant, son tout-petit, qui grandit imperceptiblement alors qu’elle lui murmure des mots doux, lui raconte leur histoire. Peu à peu l’enfant devient un homme et c’est la mère qui rapetisse encore et encore…

Un livre sur la maternité, l’amour tout simplement, qui peut se regarder comme un flipbook. Une ronde, une farandole, qui raconte avec poésie le cycle de la vie.

Pour ce livre, Albertine utilise uniquement un crayon gris. Les mots simples de Germano Zullo alliés aux dessins purs d’Albertine donnent encore plus d’intensité et d’émotion au propos.

La joie de lire

Ici, ce sont une mère et son fils qui prennent tour à tour soin de l’autre, mais ce pourraient tout aussi bien être une mère et sa fille, un père et son fils, un père et sa fille, un.e tuteur-trice et sa pupille, etc.

Car Mon tout petit, c’est un hommage tout en douceur et en simplicité à la relation parent-enfant. Peu de mots et quelques coups de crayons suffisent pour conter une histoire universelle de l’amour et du don de soi.

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Mon tout petit pourrait être une manière évocatrice de questionner les notions de don et de dette, lignes de fracture de nombreux débats autour du financement des retraites. Que doivent les enfants à leur parents? Quelle part de leur prise en charge doit peser sur l’ensemble de la société? Contrairement au régime de capitalisation (fondé sur le principe de « à chacun selon ses apports personnels »), nous en France avons adopté un système par répartition des frais sur les actifs. On peut voir ceci comme une annulation de la « dette filiale », ou au contraire son universalisation.

Pourtant dans cet album il n’est point question d’argent et de devoir matériel. Mais de transmission à double sens d’un héritage affectif, culturel et identitaire.

Mon tout petit, c’est finalement une illustration poétique de la construction conjointe et réciproque d’une « béquille » pour soutenir les premiers comme les derniers pas d’une vie.

Je l’avoue, j’avais essayé de filmer un feuilletage façon flip-book, avant de trouver celui réalisé par les éditions La joie de lire. Je vous partage quand même ma tentative avortée, cahotante et irrégulière car toute relation, même celle entre un parent et son enfant, n’est jamais linéaire mais composée de variations, de hauts et de bas voire de chutes et d’envolées qui en constituent toute la beauté.

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en plus je l’ai feuilleté à l’envers, quelle rebelle

– A mes parents, à mes grands-parents et à tous ceux qui continuent, inlassablement, de prendre soin de moi.

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