« Kid » ou l’absurdité des injonctions à se conformer aux stéréotypes de genre et de sexe en chanson (featuring Billy Elliot et « On nous prend pour des contes! »)

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Barbara Pravi a publié sa version de « Kid » d’Eddy Pretto en adaptant le texte au féminin.

« Tu seras viril, mon fils » deviens alors « Tu seras habile, ma fille » et dénonce, comme Eddy de Pretto pour les garçons dans la version originale, les injonctions faites aux petites filles de se conformer à des caractéristiques dites féminines et d’adopter des goûts dits féminins (comprendre: s’habiller en rose et être douce). Bref, Barbara Pravi s’en prend au fameux « Sois belle et tais-toi », ma fille !

Le mal de la « virilité abusive » sur la construction du mâle

Mais moi mais moi je joue avec les filles
Mais moi mais moi je ne prône pas mon chibre
Mais moi mais moi j’accélèrerai tes rides
Pour que tes propos cessent et disparaissent

Voici la version originale par Eddy de Pretto, tout aussi formidable, où il dénonce les injonctions à la masculinité:

Paroles:

Tu seras viril, mon kid 
Je ne veux voir aucune larme glisser 
Sur cette gueule héroïque et ce corps tout sculpté 
Pour atteindre des sommets fantastiques 
Que seule une rêverie pourrait surpasser 
 
Tu seras viril, mon kid 
Je ne veux voir aucune once féminine 
Ni des airs, ni des gestes qui veulent dire 
Et Dieu sait si ce sont tout de même eux les pires à venir 
Te castrer pour quelques vocalises 
 
Tu seras viril, mon kid 
Loin de toi, ces finesses tactiques 
Toutes ces femmes au régime qui féminisent, groguisent 
Sous prétexte d'être le messie fidèle 
De ce fier modèle archaïque 
 
Tu seras viril, mon kid 
Tu tiendras dans tes mains l'héritage 
Iconique d'Apollon, et comme tous les garçons 
Tu courras de ballon en champion 
Et deviendras mon petit héros, historique 
 
Virilité abusive 
Virilité abusive 
 
Tu seras viril, mon kid 
Je veux voir ton teint pâle se noircir 
De bagarres et forger ton mental, 
Pour qu'aucune de ces dames te dirigent vers de contrées roses, 
Néfastes, pour de glorieux gaillards 
 
Tu seras viril, mon kid 
Tu hisseras ta puissance masculine 
Pour contrer cette essence sensible que ta mère, 
Nous balance en famille, elle fatigue ton invulnérable 
Achille 
 
Tu seras viril, mon kid 
Tu compteras tes billets d'abondance, 
Qui fleurissent sous tes pieds, que tu ne croiseras jamais 
Tu cracheras sans manière en tous sens 
Défileras fier et dopé de chair, de nerfs protéiné 
 
Tu seras viril, mon kid 
Tu brilleras par ta force physique 
Ton allure dominante, ta posture de caïd 
Et ton sexe triomphant pour mépriser les faibles 
Tu jouiras de ta rude étincelle. 
 
Virilité abusive 
Virilité abusive 
Virilité abusive 
Virilité abusive 
 
Mais moi mais moi je joue avec les filles 
Mais moi mais moi je ne prône pas mon chibre 
Mais moi mais moi j'accélèrerai tes rides 
Pour que tes propos cessent et disparaissent 
Mais moi mais moi je joue avec les filles 
Mais moi mais moi je ne prône pas mon chibre 
Mais moi mais moi j'accélèrerai tes rides 
Pour que tes propos cessent et disparaissent

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Cette chanson me fait terriblement penser à Billy Elliot, l’un des plus merveilleux films de tous les temps et celui que j’ai le plus regardé avec mon papa (en concurrence directe avec Le Seigneur des Anneaux, Chicken Run et Willow). L’histoire est celle de Billy, un jeune garçon vivant dans le Nord-Est de l’Angleterre en 1984 avec son père et son frère, tout deux mineurs, et sa grand-mère. Lorsqu’il se découvre une passion et un talent pour la danse, il doit faire face aux préjugés de son grand-frère et de son père, qui refusent qu’il abandonne la boxe pour un « sport de fille ». C’est un film magnifique, sur fonds de combats: celui, identitaire, de Billy, qui veut réaliser son rêve ; celui, physique et économique, de son père et de son frère engagés dans une longue grève à la mine ; enfin, celui, quotidien, d’une famille qui s’efforce de rester unie malgré les difficultés et les différences. L’histoire de Billy Elliot est finalement celle de la victoire de l’amour filial sur les stéréotypes de sexe.

Des éléments sont disponibles sur le site du centre Hubertine Auclert pour utiliser ce film comme outil pédagogique auprès des élèves, notamment dans la question des choix d’orientation.

L’éducation aux stéréotypes de genre: « On nous prend pour des contes! »

Dès qu’on parle d’éducation aux stéréotypes de genre, je pense immédiatement à cette merveilleuse vidéo, réalisée par les élèves du collège Aimé Et Eugénie Cotton dans le cadre du projet « Jeunes contre le sexisme », en lien avec l’Observatoire Départemental de la Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes.

Dans cette parodie, des collégiens interprètent des princesses et des princes de contes désenchantés, blasés par leur quotidien et par les rôles qui leur sont assignés.

Une campagne de sensibilisation drôle et brillante, faite par des jeunes et à destination de tout le monde.

Pour plus de vidéos, d’outils et de contenus pédagogiques de ce genre (haha), courrez faire un tour sur la superbe plateforme Matilda, qui a été labellisée « Sexisme, pas notre genre! » par le Secrétariat d’Etat aux droits des femmes.

Alors, à quand une communication non stéréotypée dans l’espace public?

2 réflexions sur “« Kid » ou l’absurdité des injonctions à se conformer aux stéréotypes de genre et de sexe en chanson (featuring Billy Elliot et « On nous prend pour des contes! »)

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