La saison 2 de Jessica Jones et une expo sur les héroïnes de séries: le 8 mars sur nos écrans!

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Ce tag « Fight like a woman » me fait penser à ce merveilleux spot publicitaire , lancé par Always en 2014 pour dénoncer l’utilisation de l’expression « like a girl » / « comme une fille » comme une insulte et montrer au contraire des petites filles et des jeunes femmes déterminées et fières d’être ce qu’elles sont

Netflix a mis en ligne la saison 2 de Jessica Jones ce 8 mars, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Pourquoi cette série me semble-t-elle si emblématique de ce combat?

Adaptée des comics Marvel éponymes, Jessica Jones suit les aventures d’une détective privée à l’esprit vif et au caractère bien trempé, dont l’apparence frêle dissimule une véritable force de la nature. Au sens littéral, d’une part, puisqu’elle est capable de soulever des voitures et autres poids lourds en tout genre. Elle porte également en elle le poids d’une culpabilité qui la ronge : sous la contrainte (littérale) de Kilgrave, un pervers narcissique, elle a commis un meurtre dont elle essaie désespérément de se racheter. Mais de cette expérience traumatisante, elle a développé une immunité à l’emprise de Kilgrave, et parvient à lui résister par la seule force de sa volonté. Elle entreprend alors de protéger les autres de ce psychopathe. Sous un air désabusé et cynique se cache donc une femme brisée mais bien déterminée à se reconstruire: ce que cette série propose, c’est d’abord le portrait d’une femme forte, d’une héroïne.

Cette série est également importante en ce qu’elle éclaire le parcours du combattant (en l’occurrence, de combattante) d’une personne qui tente de se remettre du traumatisme d’un viol. Car Jessica Jones est doublement violée par Kilgrave: au sens propre, dans son corps, puisqu’il l’oblige à des relations sexuelles, mais également au sens figuré, dans son esprit. Kilgrave saisit et pénètre les consciences pour les obliger à assouvir ses envies, sans consentement aucun. La contrainte imposée par ce pouvoir terrifiant réduit à néant le libre arbitre, la capacité à faire des choix : elle annihile la condition même de notre humanité. La série aborde ainsi le viol de manière inédite, en insistant par cette métaphore sur l’impuissance de celles et ceux qui en sont victimes. Une impuissance « pendant », mais aussi « après » : incapables de prouver l’existence d’une quelconque contrainte, leurs plaintes ne valent rien aux yeux de la police ou de la justice. La culpabilité provoquée par le sentiment d’impuissance et la facilité avec laquelle elles ont été manipulées à l’encontre de leur volonté est des plus traumatisantes.

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Nombre de justifications d’auteurs de viols reportent d’ailleurs la faute et la honte sur la victime (et son comportement jugé « aguicheur », par exemple). Les stéréotypes sexistes véhiculés par ces justifications, et la tendance générale à la culpabilisation des victimes de viol sont dénoncés par le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes qui a publié en octobre 2016 un avis intitulé : « Avis pour une juste condamnation sociétale et judiciaire des viols et autres agressions sexuelles ». Selon les chiffres avancés dans ce rapport, chaque année en France on estime à environ 100 000 le nombre de victimes de viol, dont 85% sont des femmes. Au final, seulement 1 victime sur 10 porte plainte, et seulement 1 plainte sur 10 aboutit à une condamnation. Entre à la difficulté de réunir des preuves et la persistance des stéréotypes, le parcours judiciaire des victimes de viol est un véritable parcours du combattant qui tend à décourager les plaignants d’un côté et à favoriser une certaine impunité des coupables de l’autre.

Bref, une série qui dénonce les violences faites aux femmes tout en mettant en avant la force spécifique des survivantes à travers le personnage de Jessica Jones.

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Existe-t-il une raison valable de ne pas passer les 24 prochaines heures à regarder cette merveilleuse série?

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Allez, c’est parti pour un binge watching de la saison 2!

Ah, et n’hésitez pas à aller jeter un coup d’oeil à cette exposition sur les héroïnes de série que j’ai réalisée durant mon service civique à la délégation aux droits des femmes de la Seine-Saint-Denis. Enjoy !

 

2 réflexions sur “La saison 2 de Jessica Jones et une expo sur les héroïnes de séries: le 8 mars sur nos écrans!

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